05 Gennaio 2006
Ken Adam
Casino’s
Labo’s &
Disco’s
Nou vous proposons de (re)découvrir un « production designer » reconnu mais peu connu du grand public : Ken Adam. Ses décors mélangent modernisme et parures baroques peu orthodoxes et ont assuré les bases du succès des James Bond.
Son job : dessiner les set et décors dans lequel évoluera le playboy le plus connu du monde, inventer ses délirants gadgets, construire les bolides amphibies, ou encore trouver les décors naturels et constructions existantes nécessaires au storyboard.
Nous survolerons les 7 épisodes que Ken Adam a supervisé pour la série des James Bond sous un angle subjectif et forcément incomplet en se focusant sur les côtés marquants de ces films.
WAR ROOM : Fiction VS. Réalité
« Conduisez-moi dans la salle du Conseil de Guerre du Pentagone (War Room) ! ». Le mythe veut que Ronald Reagan se prît à nouveau pour un comédien aux premières heures de son mandat présidentiel. Mais la War Room n’a jamais été que décor de film. Elle sort de l’imagination de Ken Adam, Art Director méconnu aux décors cependant immédiatement identifiables. Absent des affiches et des feux de la rampe, c’est lui qui créa l’univers visuel du film de Stanley Kubrick et des James Bond et et assura à la série une grande partie de son succès dès les années 60.
Cette époque de confrontation est-ouest apporte son lot de nouvelles technologies et d’équipements de surveillance sophistiqués, qui deviennent omniprésents dans le cinéma ; ce sont les thème récurrents de films comme « Dr Strangelove » & les Bond ; ils nécessitaient leur correspondant visuel à l’écran et l’agent 007 surgit à point nommé, soutenant l’idée que la Grande Bretagne est un pion majeur sur l’échiquier de la politique mondiale.
Ronald Reagan : «Certains critiques peuvent évidemment dire que Bond n’est qu’un simple acteur dans le film. Mais nous devons tous commencer quelque part»
James Bond: -“S.P.E.C.T.R.E. ?”
Dr No: -“S.P.E.C.T.R.E. : Special Executive for Counter Intelligence Terrorism, Revenge, Extortion. The four great cornerstones of power headed by the greatest brains in the world”.
Bond: -“Corrections : criminal brains”
K E N A D A M
“Le Berlin des années 20 forme les bases de ma future éducation…le Berlin des studio UFA, de Fritz Lang, Lubitsch, Erich Pommer. Le Berlin des peintre Max Liebermann, Grosz, Otto Dix et Kandinsky… Le Berlin des architectes Gropius, Mendelsohn & Mies van der Rohe. Mies qui dessina un nouvel immeuble pour le magasin de sport de mon père, un projet jamais réalisé à cause du boycott des entreprises juives et la liquidation consécutive de son business sous le régime nazi.
Les décors des méchants font penser au cinéma expressionniste allemand des années 20: la distorsion de la réalité pour créer un certain rythme m’a toujours fasciné.»
Né à Berlin, chassé par les nazis, admirateur de Fritz Lang, Piranèse et des architectes utopistes du XVIIIe siècle, - comme Boullée, rejoignant en cela le cinéaste Peter Greenaway- il a su recréer des lieux sombres et inquiétants qui rappellent les décors du « Cabinet du docteur Caligari » ou du « Dr Mabuse », ces mauvais génies de l’expressionnisme allemand.
«Dr No » et « Dr Strangelove » font écho au monde mégalomaniaque des Dr Caligari et Mabuse, les sinistres démons sous terrains du cinéma expressionniste des années 20, ce cinéma présageant de la montée du national socialisme de Hitler. Il donne une forme à ses démons d’enfance en construisant les bâtiments des despotes bondiens, avec cette source primitive qu’est la ville dis-optique de Metropolis de Fritz Lang.
Ken Adam, ce Frank Lloyd Wright du décor noir, celui qui a conçu les bunkers à la Hitler pour le Spectre & Co, aurait-t-il conjuré un univers en celluloïd pour pouvoir y exorciser ses démons de jeunesse ?
“no design is worth doing it if you just reproduce reality”
Chacun des sept James Bond sur lesquels Ken Adam travaille, confronte le héros à une ténébreuse crapule assoiffée de pouvoir, présente seulement par sa voix sans corps, désirant dominer le monde depuis son île isolée, opérant au milieu d’une nature idyllique dissimulant des bâtiments souterrains ou quelque laboratoire dans lequel se préparent des épouvantes hydrogénées.
La war room campe les dirigeants du monde comme des joueurs de poker autour de la table ronde, dans une salle aux décors kafkaïens. De cette pièce suinte une folie que l’on retrouve dans l’architecture du 3e Reich.
Alors qu’il n’a jamais reçu d’Oscar pour les James Bond, pour lesquels sa contribution était beaucoup plus conséquente, Adam en reçoit un pour le film «Barry Lyndon », tourné intégralement en décors naturels. Tout simplement parce que James Bond n’est pas considéré comme « de l’art ».
Fait doublement ironique : d’une part parce que la force de Ken Adam est de tourner dans le présent et le future proche, pas dans le passé historique ; d’autre part parce qu’il fit tout pour que Kubrick tourne en studio.
«This film was much more about reproduction than imagination».
«La réalité est ennuyeuse, et malheureusement, 90% des films aujourd’hui essayent de recréer la réalité»
001: DR NO, 1961
“This film isn’t science fiction, it’s science fact.”
Ce premier James Bond dépasse la dimension du banal thriller à la mode pour nous confronter à un univers qui lui est propre. Nous pouvons dater très précisément le moment ou le spectateur s’en rend compte: à la 34e minute du film. Un homme est projeté hors des portes automatiques d’un ascenseur dans la « tarantula-room ». La pièce est un appartement vide : une seule porte, une seule chaise et une fenêtre grillagée sur imposte éclairée par le haut produisant un filet de lumière zénithale. Il n’y a pas d’issue possible, pas d’échappatoire envisageable. Le seul être vivant est une araignée enfermée dans une petite cage posée sur la table. Une voix d’outre-tombe retentit : « Asseyez-vous ». L’agencement minimal nous fait ressentir instantanément l’inquiétant anonymat du « vilain » invisible. Cette pièce est un cauchemar. Depuis « Dr No », les gens ont peur des tarentules
« Dr. No », premier épisode de la série de sept que Ken Adam réalisa en tant que directeur artistique pour les James Bond est certainement le plus important en ce sens qu’il crée ce look unique qui deviendra le signe distinctif des épisodes suivants.
Apparaissent déjà plafonds bas et parois en pente, « trademarks » de son style. Ayant à disposition un budget de 14000 £, - totalisant au final 20000 £, il projeta des sets aux lignes claires, au style austère mais fort, aux lumières et aux hombres insistantes. Il expérimente de nouveaux matériaux jusque là rarement utilisés au cinéma: cuivre, messing, acier, plastique. Il crée des couloirs aux murs recouverts de cuivre, des cellules aux murs inclinés et un élégant appartement en sous-sol doté d’un mur aquarium géant.
Les imposantes portes en cuivre disparaissent silencieusement dans les parois massives de blocs de granit brut. Les fenêtres libèrent le regard sur le domaine sous marin de Dr No et insufflent une touche de luxe supplémentaire à ce laboratoire de la mort.
L’appartement et les laboratoires du Dr No sont les 2 sets essentiels du film. Ce curieux mélange d’ultra moderne et de traditionnel, ce mariage insolite d’architectonique et d’organique établit l’étalon stylistique des sets venir. Ces deux lieux qui apparaîtront régulièrement tout au long de la série contiennent déjà les ingrédients de la formule quintessencielle des Bond :des décors exotiques, un méchant tout-puissant, un quartier général sous terrain paré de technologie ‘space age’ et les gadgets ultra modernes. Le tout agrémenté d’une musique de big band dérangé élastiquement funky, et signée John Barry.
G O Y A : Lorsque Sean Connery pénètre dans les appartements du Dr No, son regard croise furtivement un portrait d’une peinture à l’huile qui repose sur un chevalet. Ken Adam avait en réalité copié durant le week-end le portrait du Duc de Wellington originellement peint par Goya, volé à la National Gallery quelques temps avant le début du tournage.
Les appartements du Dr No combinent décadence et technologie : Adam marie marbre, verre, bois et métal dans une même pièce. L’utilisation de ces matériaux insuffle une atmosphère clinique dans un intérieur baroque, qui déborde par ailleurs du dernier chic contemporain. La conception du repère du méchant suggère au spectateur sa richesse et établit aussitôt son instabilité mentale.
Adam ne recherche pas tant à inventer de nouveaux mondes qu’à modifier l’environnement existant en en exagérant certaines caractéristiques. Les espaces sont souvent abstraits à l’extrême (voir a à ce titre, la salle de contrôle à la « Mondrian » de Moonraker) et vont à l’essentiel sans se perdre dans des détails inutiles. A l’image de la nonchalance « toute bondienne » de Sean Connery, l’ironie est rarement absente…
« Un bon set est aussi l’expression des tendances de notre temps »
- Première apparition des désormais traditionnels lieux où l’on rencontre M et les appartements de Bond.
GADGETS & BONDSMOBIL
Sir James Bond: “Gentlemen I would not exchange one petal of that flower for anything your world had to offer, including an Aston Martin with lethal accessories”.
In: Casino Royal, parody like James bond movie
Ce que Q est à Bond, Ken Adam l’est pour les films de James Bond. Les gadgets légendaires que Bond utilise sont les produits de sa fantaisie. L’origine de ces équipements secrets remonte aux comics strips américains, « Dick Tracy » ou « Batman ». La Batmobile de Bob Kane présage la Custom Built DB5 Aston Martin.
Ces gadgets sont à l’image du héros : un être violent qui se sert de la technique moderne. Ils mettent en évidence la véritable force de James bond : sa mobilité et sa capacité d’adaptation/transformation. Face à ces appareils, le spectateur ne se trouve pas en présence d’un monde uniquement technique et utopique ; l’analogie homme-machine est aussi intéressante que la fantaisie technique : ces machines portent habituellement un nom propre et se caractérisent fréquemment par la possibilité de franchir plusieurs éléments -eau, terre, air, feu. Ils renforcent ainsi la symbiose du héros avec les engins amphibies.
La plupart des gimmicks et gadget fonctionnent réellement. La Lotus Esprit dans « The spy who loved me » était en mesure de se mouvoir dans l’eau jusqu’à une profondeur de 15 mètres à une vitesse de 7 nœuds. Il en va de même pour le siège éjectable de l’Aston Martin - le siège a été récupéré d’un avion de chasse- et du bateau démontable « Disco Volante » dans « Thunderball ».
Rams, Roof, Tack spreader and Machine gun.
Dans Goldfinger, Ken Adam transforme et améliore une Aston Martin DB5, premier prototype de l’univers des gadgets qui suivirent. La DB5 convient parfaitement au personnage de Sean Connery: elle est la combinaison d’un extérieur urbain et civilisé avec un intérieur vicieux.
La firme Aston Martin, qui se trouvait alors en grosses difficultés financières, hésita longuement avant de fournir 2 exemplaires : elle avait peur que cela ne lui fasse une mauvaise publicité. L’année suivant la sortie de « Dr No », par la publicité que le film lui fait, l’entreprise augmente son chiffre d’affaire de 47% et est sauvée d’une faillite annoncée. C’est le début de l’ère du merchandising et de la publicité intégrée dans les films. Désormais, le big business passera par le merchandising ; les marques ne se priveront pas de saisir cette opportunité.
N’oublions pas que cela est possible des que l’univers visuel signifie et évoque quelque chose pour le spectateur.
Ken Adam ne toucha pas un centime de royalties pour ses inventions. Par la suite, il toucha 2 cheques –de 64 et 49 £- pour sa contribution : de toute l’histoire des James Bond, ce fut tout.
Les gadgets ont ce caractère contradictoire qu’ils sont également des jeux, et Adam inflige un traitement identique aux décors: la table de billard dans Goldfinger qui se transforme en centrale de commande électronique ; la table de poker de la War Room ; la disco volante qui renferme une autre navette plus rapide ; les piscines qui deviennent des bassins infestées de requins. Les choses ont un visage caché : rien n’est vrai tout est possible.
005: Diamonds are for ever, 1971
Bond (to a girl) : “that’s quite a nice little nothing you’re almost wearing”
ELROD HOUSE de John Lautner
Le job de Ken Adam consiste non seulement à élaborer des sets, mais aussi à dénicher emplacements et constructions existantes adaptés au script. « Diamonds are forever » contient une scène tournée dans une maison de John Lautner, la Elrod House à Palm Spring.
Si pour Shakespeare « the world is a stage », la scène qui compte pour les directors Hollywoodiens se trouve confiné dans 2 régions:
- Premièrement dans un rayon de 30 miles allant de l’intersection de Beverly et de la Cienega Boulevard, Cette zone n’est pas seulement convenient pour les caravanes et les acteurs impatients – l’Union charge des forfaits per diem pour les tournages en dehors de cette zone. C’est aussi the set of sets ou l’histoire de l’architecture comble les réalisateurs à la recherche d’une maison classiquement moderne.
- Deuxièmement dans les environs de Palm Spring.
Palm Spring est une ville artificielle au milieu du désert de Mojave. Le client possédait un terrain sur une hauteur rocheuse, rabotée dans toute sa longueur pour la rendre aisément lotissable, surplombant la ville puis le désert.
A John Lautner, il avait été demande de dessiner la maison selon son inspiration, à la vue du site. Il convainquit le client de rabaisser de nouveau le sol de son terrain afin de dégager les énormes masses rocheuses qui affleuraient. Ces rochers seraient intégrés à la construction future. On reconstituerait ainsi la force originelle du site et la maison serait en osmose avec la nature rocheuse.
Le client paya. La maison est en béton, pour durer : mêlée au rocher, elle se rapproche, entre toutes, de l’image littérale d’une caverne creusée, image récurrente chez Lautner.
Le salon est couvert par un cône aplati de 20 mètres de diamètre, fendu par segments triangulaires afin que la vue depuis l’intérieur atteigne les montagnes enneigées du fond du désert. Cette configuration se rapprocherait du dessin des fleurs du désert, qui d’ailleurs poussent sur la terrasse plate couvrant le reste de la maison, achevant de la mêler au site. Sous le béton, les espaces intérieurs sont fermés par des parois de verre, sans menuiserie selon l’habitude de John Lautner, épousant la découpe des rochers. La piscine pénètre à l’intérieur.
006: The spy who loved me, 1977 “Mon garçon, il faudrait que tu te mettes à voir grand”
6 ans après Goldfinger, Ken Adam, absent des deux derniers épisodes, reprend du service sur la pré production de ce qui allait être le plus gros succès financier bondien en date.
Ce film représente un tournant : il se distancie des constructions linéaires qu’il utilisait jusque là pour les bâtiments modernes. Le quartier général sous marin du vilain Stromberg, Atlantis, est une structure symétrique arachnéenne capable de surgir hors de la surface de la mer.
Les appartements intérieurs ouverts ont maintenant des structures elliptiques qui seront aussi présentes dans Moonraker. Ce designmerkmal s’insinue jusque dans les ameublements des appartements intérieurs du « vilain ». Le résultat final tel qu’on peut l’observer à l’écran procède d’un mélange de prises de vues des maquettes à différentes échelles, de peintures gigantesques et de morceaux d’intérieur réellement construits et habitables.
A l’intérieur d’Atlantis, l’araignée meccano
Avant de révéler au spectateur qu’il se trouve dans une cité sous-marine, on l’introduit dans une pièce de la Renaissance italienne décorée de fresques à la Piero della Francesca, à la Mantegna, à la Carpaccio, un tableau de Boticcelli, et une table gigantesque de 10 mètres de long. Au début de la scène, Stromberg s’entretient avec ses savants, leur explique qu’il a été trahi et demande à sa secrétaire d’aller chercher certains documents. Elle sort par une porte dans le fond de la pièce, entre dans un ascenseur. Soudain un tableau de Boticcelli s’élève dans la grande pièce. Plan de coupe sur un gigantesque toboggan en plexiglas le long duquel la secrétaire glisse en direction d’un réservoir d’eau. Sur le moniteur TV derrière le tableau de Botticcelli , on l’aperçoit se faire dévorer par un requin. Nous comprenons alors que des choses étranges se passent dans le palais renaissance –high tech de ce magnat fou qui collectionne les œuvres d’art, comme Hearst à San Simon. Stromberg presse alors un bouton, toutes les fresques s’élèvent, et nous découvrons à travers les immenses vitrages une cité sous marine qui émerge au-dessus de la surface des eaux. Nous nous trouvons à l’intérieur de Atlantis.
007: Moonrake, 1979
De la dérive touristique dans « M o o n r a k e r »
La production réquisitionna trois studios dans les environs de Paris pour la réalisation de ce 11e épisode de la série. Avec un budget de 30 moi de Dollars et un bénéfice proportionnel, il s’avérera le plus profitable des Bond en termes financiers. Le gigantisme de la production rendit nécessaire le tournage de nombreuses scènes en décors existants. Scènes pour lesquelles le « production designer » aurait en termps ordinaire bâti un set spécifique. Ainsi le château situé au sud de Paris de Vaulx-en-Velin, ou le centre Pompidou qui nous est présenté comme partie prenante du complexe industriel Drax en Californie.
On se contentera ici de présenter ici chronologiquement selon l’apparition dans le film les différents emplacements d’une dérive touristique hallucinante. La continuité filmique est totalement absente, une incohérence telle qu’elle en devient séduisante. James Bond se transforme ici définitivement en faire-valoir d’une agence de voyage touristique pour salles obscures. Le voyage ira d’ailleurs jusque dans l’espace. L’impression générale qui se dégage à la projection de ces paysages idylliques est identique au défilement des pages d’un dépliant publicitaire touristique.
4 - 12’46: arrivée en Californie, 007 visite la résidence Drax : c’est en fait le Château de Vaux-le-Velin, dans les environs de Paris.
4 - 16’40: visite des usines Drax : ce sont les salles du musée Beaubourg à Paris.
19 - 1’10’00: 007, vêtu du poncho typique des habitants des Andes (hauts plateaux Boliviens), se trouve dans un couvent portugais, très vraisemblablement de la région des églises baroques et des mines d’or et de diamants de l‘état brésilien du Minais Gerais.
21 - 1’15’50: 007 prend un bateau et s’approche des chutes d’Iguaçu, à la frontière brésilienne - argentine-paraguayenne.
22 - 1’17’45: alors qu’il vient d’atterrir –on aperçoit encore les chutes dans le fond - on peut admirer rapidement un plan de la pyramide de Tikal, au Guatemala.
22 - 1’18’35: à l’intérieur des appartements « amazoniens » de Drax, la grande statue représentant un personnage à moitie couché est celle qui se trouve sur le site de Chichen Itza au Yucatan/ Mexique
Palazzo Carazzonico de Venise pour le laboratoire secret de Drax
Conclusions
James Bond apparaît au début des années soixante. Durant cette décade surgissent un nombre inégalable et inégalé d’utopies et d’idées. Le magazine culturel « DU » avançait récemment l’hypothèse que tout ce qui détermine créativement, intellectuellement et conceptuellement le débat architectural aujourd’hui se manifesta et fut pensé originellement durant cette période.
1961: Juri Gargarine est le premier homme propulsé dans l’espace. 1969 : un américain marche sur la lune. La conquête de l’espace est le leitmotiv récurant non seulement des James Bond mais des représentations des architectes de l’époque. Le progrès semble être aussi infini que l’espace, ce sont des visions qui ont imprégnées profondément l’architecture de ce temps. Le concept de future est omniprésent, les utopies paraissent réalisables. Les canons du modernisme sont discrédités par leur (més)alliance avec l’industrie de la construction et est remise en question par une jeunesse radicale : Coop himmelblau ou Superstudio , Archizoom ou la science fiction d’Archigram.
Bref, on a jamais tant rêvé, projeté, pensé, et analysé que durant cette période. Ce qu’on voit au cinéma est déjà très proche de la réalité, et la vision des architectes, malgré une idée un peu trop rapidement répandue, semble précéder plutôt que suivre le cinéma de science fiction,et ceci tout au long du siècle. Pensons juste aux structures de Buckminster Fuller ou à la Chemosphere Residence de John Lautner. Ou encore l’architecture art-déco utilisée pour signifier un monde future (Batman).
Les sexy sixties : le point de départ de l’œuvre de Ken Adam. Cette remise en perspective nous permet de reconnaître les qualités esthétiques propres dans l’œuvre de Adam; elle peut également nous donner des indications pertinentes pour la réflexion, notamment architecturale, au jour d’aujourd’hui.
Laissons le mot de la fin à celui qui l’a eu en premier, Ronald Reagan : "Certains critiques peuvent penser que Bond n'est qu'un simple acteur dans le film. Mais nous devons tous commencer quelque part".
Littérature:
Sylvester, David: Moonraker, strangelove and other celluloid dreams: the visionary art of Ken Adam
Smoltczyk, Alexander: James Bond, Berlin, Hollywood - die Welten des Ken Adam
Adam, Ken: Production Design - Ken Adam



